Des fleurs, il fût un temps où elles entraient dans nos vies en même temps que les grands événements : mariage, décès, maladies, naissances. Et encore, on nous les offrait !

Article paru dans la Revue Quatre-Temps, la revue des Amis du Jardin botanique de Montréal, Vol. 16, #4.

Elles étaient presque absentes de notre vie quotidienne. La maison où on se repose, où on rit en famille ou avec des amis, le bureau où on travaille, les week-ends qu’on savoure sans organiser de réception, tous nos jours ordinaires étaient privés de lfeurs; sauf si on avait un jardin et des talents d’horticulteur ! Et encore, il fallait que la saison s’y prête.

Aujourd’hui, les fleurs font partie des petits plaisirs qu’on veut s’offrir. Et le choix à partir duquel on peu confectionner un bouquet selon notre humeur ou selon les circonstaces à souligner, le choix, dis-je, est devenu si vaste qu’il multiplie notre intérêt et nos désirs. Chaque jour nous arrivent par avion des variétés nouvelles : de Hollande, d’Amérique du Sud, d’Australie, nous sommes approvisionnés de fleurs dont on ne connaissait l’existance que par le biais de livres spécialisés ou… par les collections rares du Jardin Botanique. Cette institution a sürement éveillé l’amour des plantes et des fleurs chez des milliers de visiterurs, de Montréal ou d’ailleurs.

Les formes, les couleurs, les parfums nous ont conquis ! Après avoir admiré, nous avons voulu profiter plus longuement de la beauté et la douceur des fleurs. Nous en avons désiré pour nous, dans notre milieu de vie. Nous étions prêt à les accueillir dans notre quotidien, pour notre plus grand bien-être.

Quand nous entrons chez un fleuriste, nous le faisons de plus en plus souvent pour notre plaisir. Mais voilà ! Comment arrêter notre choix ? Y a-t-il des règles à suivre pour se faire composer un bouquet harmonieux ? Doit-on laisser le fleuriste décider pour nous ? Devant un étalage qui regorge de couleurs et de variétés, on hésite, et on demande conseil… avec raison !

Un bon fleuriste tient compte de vos goûts et y va de quelques suggestions pour mettre en valeur ce que vous avez choisi. Ce professionnel tiendra aussi compte de la forme du vase qui recevra votre bouquet. Il notera également ce que vous voulez faire avec ces fleurs : voulez-vous les offrir ? Serviront-elles à la décoration d’une table de votre salon ? Rehausseront-elles un dîner spécial ? Alors, le parfum en sera plus discret, la hauteur un peu rabattue, le feuillage plus ou moins abondant. C’est là tout l’art de la confection d’un bouquet vraiment réussi.

Les saisons peuvent devenir des alliées : en variant nos arrangements floraux au rythme d’une année, nous sommes amenés à nous renouveler. Quoi de plus charmant, pour le temps des fêtes, que de mêler des fleurs, des fruits, des branches, et même des noix ? Pommes grenades, clémentines, ilex, viennent apporter une touche de fantaisie toute saisonnièreà un bouquet d’hiver.

La nature fait des miracles. C’est d’elle qu’il faut s’inspirer. Un bouquet harmonieux, c’est celui qui respecte le caractère des éléments qui le composent. La grâce spontannée d’une tige qui s’incline, la rondeur pleine d’une rose épanouie, des formes et des mouvements qui s’épousent pour se rehausser mutuellement, voilà ce que vous attendez d’une compostition florale qui vous apportera des heures de bonheur. Il n’y a pas de règle absolue, pas de secret bien gardé pour réussir un bouquet. Mais la nature nous donne des leçons d’équilibre, et il faut être attentifs.

Tant de beauté, tant de poésie à notre portée… Y a-t-il un prix pour cela ?

La qualité et la fraîcheur des produits sont à la base d’un bouquet qui durera. Mais les dollars affectés à l’achat de vos fleurs sont proportionnels à l’importance du bouquet. Quelques fleurs peuvent apporter autant de joie, à peu de frais, qu’un splendide et généreux bouquet que vous commanderez pour une occasion bien particulière. Tout est permis : il ne reste qu’à varier.

Les fleurs ne trichent pas : leur vie est brève et c’est peut-être pour cela qu’on les aime tant. Avec le retour aux valeurs de joies domestiques, des loisirs plus près de la nature, du refus de l’artificiel mal accordé à la vie, nous retrouvons le plaisir de nous accorder la merveilleuse présence des fleurs. Qui irait s’en plaindre ?


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